Mathématiques vulgaires

Il y a un pari impossible que la vulgarisation scientifique tente de relever : évader la parole scientifique des lieux scientifiques, lever les difficultés intellectuelles et transmettre le savoir scientifique sous une forme non trompeuse.

Les mathématiques sont, à ce titre, un exemple de domaine scientifique particulièrement difficile à vulgariser. Le langage des mathématiciens est tout sauf limpide, l’appréhension est très grande du fait des nombreux traumatismes et les mathématiciens ne sont pas du genre à aller sur les espaces publics.
Bref, les mathématiques ont cette sorte d’exclusivité à une certaine tranche de la population, souvent la plus aisée par ailleurs. Pourtant l’intérêt pour cette matière n’est pas nul : beaucoup disent qu’ils aimeraient aimer les maths.

La vulgarisation souhaite aussi transmettre une envie. L’envie de s’engager dans des carrières scientifiques souvent réservées à des milieux sociaux particuliers. Les carrières scientifiques sont, pourtant, de celles réservant de grandes joies.

Alors le vulgarisateur se situe dans cet étrange espace social. Celui où il est étranger et de son public, et souvent aussi de la communauté scientifique. Il joue pourtant un rôle toujours plus important : celui consistant à rendre, d’une part, le savoir scientifique public et, d’autre part, réduire la fracture grandissante entre les scientifiques et la société.
La vulgarisation aura-t-elle raison de la méfiance et des tromperies ?

Aujourd’hui, pour cet entretien à la croisée des sciences, j’ai le plaisir de recevoir Mickaël Launay. Mathématicien avec une thèse en probabilités, vidéaste sur YouTube à travers la chaîne Micmaths, auteur et vulgarisateur, Mickaël Launay a reçu en décembre dernier le prix Tangente du livre pour son ouvrage Le grand roman des maths, paru chez Flammarion en 2016, et disponible depuis peu en format « de poche ».

Références

Mickaël Launay, Le grand roman des maths, Flammarion 2016
Mickaël Launay, Micmaths, Youtube

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